de JM » Jeu 5 Mar 2026 12:34
Pro D2 - "Si je ne faisais rien, on allait en Nationale", Régis Dumange sa décision de changer le staff de Nevers
Par Sébastien Chabard Rugbyrama
Régis Dumange, a tranché dans le vif, à quelques heures du départ de l’équipe pour le match à AurillacRégis Dumange, a tranché dans le vif, à quelques heures du départ de l’équipe pour le match à Aurillac Icon Sport - Hugo Pfeiffer
Après sept matchs consécutifs sans victoire et un glissement vers le bas du classement, le président de l’USON Nevers Rugby, Régis Dumange, a tranché dans le vif, à quelques heures du départ de l’équipe pour le match à Aurillac : mise à l’écart immédiate du manager Coenie Basson et de l’entraîneur en charge de l’attaque et du jeu au pied Yannick Osmond, et retour aux commandes de Xavier Péméja, directeur sportif depuis l’été dernier et manager de 2016 à 2025. "La coupe est pleine, il fallait créer un choc", assure le président. Interview.
Qu’est-ce qui vous a incité à prendre cette décision, et pourquoi maintenant, à la veille du match à Aurillac ?
Ça ne va pas, c’est tout. Les statistiques ne sont pas bonnes, on joue avec le feu, et il était temps de prendre des mesures. Et pour moi, ce ne sont pas les joueurs qui sont en cause, c’est le chef. Ça fait partie des aléas, des risques du métier. Cela fait des mois que j’alerte, et il n’y a pas eu de changement. La coupe est pleine, il fallait créer un choc. On est en danger.
Est-ce que votre décision aurait été la même si Nevers n’avait pas perdu à la dernière minute face à Grenoble vendredi dernier ?
Oui. Cela faisait un peu trop longtemps que ça durait. Notre match précédent à Carcassonne avait été lamentable (défaite 42-31 le 20 février, NDLR), on ne tenait pas le ballon, on était en retard sur les replacements, on n’était plus capable de porter le ballon. Il n’y avait plus rien. Et on doit arrêter de prendre des 50, 60 ou 70 points à l’extérieur. On doit retrouver ce qui faisait notre force, le jeu de mouvement, le combat. Être imprévisible. On ne fait plus peur, les joueurs perdaient confiance, on était méconnaissable à l’extérieur mais aussi à domicile. C’est bien de dire que le Pré-Fleuri est une forteresse, mais si on laisse le pont-levis baissé, ça ne va pas.
Vous aviez décidé de faire venir David Penalva pour entraîner les avants. Il est arrivé il y a trois semaines. Vous n’avez pas senti de changement?
Non. J’ai écouté le staff, et je n’ai pas senti d’unanimité autour du manager. Les mots ne passaient plus, il n’y avait plus de discours, que des excuses. Tout ce qui arrive est logique, finalement. C’est le résultat d’un manque d’expérience flagrant. Je me suis trompé, et je prends mes responsabilités. Si je maintenais l’équipe en place, si je ne faisais rien, on allait en Nationale. C’est la pire année que je vis en dix-sept ans. On est en train de modernisre le centre de formation, on fait une quatrième tribune, on passe le stade à 10 000 places et derrière il se passe quoi ? Ça n’est pas possible. On n’apporte plus de bonheur au stade. Pour le match face à Grenoble, il y avait quand même 6 300 personnes et les gens sont partis tout de suite. Nos matchs ne font plus rêver.
L’été dernier, vous avez décidé de faire revenir en tant que directeur sportif Xavier Péméja, qui venait d’arrêter ses fonctions de manager et qui quittait Nevers. Vous aviez anticipé la possibilité que cela ne se passe pas bien pour le nouveau staff ?
C’était réfléchi, oui. Je suis comme un joueur d’échecs : une pièce protège une pièce. Xavier prend les rênes du staff, et je reprends son activité de directeur sportif. Manu Cabanes et Benjamin Thiéry s’occupent ensemble de l’attaque et de la défense, qui pour moi sont indissociables, David Penalva s’occupe de la conquête, et Phillip Van Schalkwyk de la mêlée et du combat.
Qui a annoncé la nouvelle aux joueurs ?
Moi, ce matin à 8h30. Je suis allé les rencontrer. J’ai demandé si certains voulaient s’exprimer, mais personne ne l’a fait. Je voulais l’annoncer ce matin pour qu’ils puissent en parler dans le car, ce soir à l’hôtel.
Vous irez à Aurillac demain soir ?
Non, je laisse le staff tranquille, je ne veux pas mettre une pression en plus.