de Bleu-Rouge » Dim 11 Jan 2026 09:01
Pro D2 : "L’envie de performer et de bien terminer avec mon club, c’est mon moteur", Charly Malié a retrouvé Béziers après onze mois de disette
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Charly Malié estime que son équipe a les capacités pour réussir et quitter le bas du tableau.
Rugby XV, Béziers, ASBH, Pro D2
Publié le 11/01/2026 à 06:03
Laurent François
Absent des terrains depuis le 7 février 2025 et à cause d’une grave blessure au genou, Charly Malié a retrouvé l’équipe, ce vendredi 9 janvier, à Valence Romans, soit onze mois plus tard. Il revient sur cette longue période qui a suivi son opération des ligaments croisés antérieurs où il a vu évoluer, impuissant, ce groupe qui lutte aujourd’hui pour le maintien.
Vous avez repris quand, au juste ?
J’ai repris les entraînements, avec contact, le dimanche qui a précédé le déplacement à Valence Romans.
Pro D2 : "Nous allons remonter au classement, j’en suis convaincu", assure David Irazoqui, l’entraîneur de Béziers
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Samuel Marques et l’ASBH en bonne voie pour redresser la barre.
À Valence Romans, l’ASBH n’a pas été ridicule chez le désormais quatrième du classement. Un peu plus de réussite au pied aurait permis aux Biterrois de ne pas rentrer bredouille. Encourageant pour la suite.
"Il a juste manqué la signature. On va dire qu’il n’y avait pas assez d’encre dans le stylo. Mais nous avons marqué l’adversaire…" S’il a vu ses joueurs rentrer la tête basse de Valence Romans, où ils ont perdu 8-0, David Irazoqui, l’entraîneur de l’ASBH, garde le moral et le goût des métaphores. Dans l’Isère, chez le quatrième du classement (qui est désormais à égalité de points avec le second), ses joueurs ont fait bien mieux que de la figuration. Avec un brin de réussite au pied, en fin de match, ils ne seraient probablement pas rentrés bredouilles.
De surcroît, ils se sont battus comme des lions, démontrant, après leur victoire sur Vannes, le leader (23-17), avant la trêve des confiseurs, qu’ils mettront tout en œuvre pour redresser la barre et quitter le bas du championnat, où ils occupent la 13e place du classement.
"Nous pouvons rivaliser avec n’importe qui"
"Aujourd’hui, nous pouvons rivaliser avec n’importe qui, martèle David Irazoqui. Dans ce match, il y a vraiment eu beaucoup de satisfaction au niveau de l’engagement et de l’état d’esprit. Mais c’est comptablement que c’est difficile puisque nous n’avons pas ramené de points. Il faut maintenant conserver cette base et y rajouter quelques ingrédients. Comme le dit un proverbe japonais, "celui qui tombe sept fois doit se relever huit fois". Avec cet état d’esprit, vu à Valence Romans, les joueurs vont trouver la solution, enchaîner et nous allons remonter au classement. J’en suis convaincu."
"Les prendre à la gorge"
Vendredi, l’ASBH recevra Aurillac. Un très gros défi pour les Biterrois qui vont jouer gros face à une équipe qui viendra au stade Raoul-Barrière pour récupérer les points laissés en route, ce week-end, sur ses terres face à Colomiers (14-15). D'autant qu’un succès permettrait à Béziers de commencer sa marche en avant vers le haut du classement : "C’est une équipe rude et solide sur les fondamentaux, prévient l’entraîneur. Il faudra les prendre à la gorge très vite. Le début du match et le retour après la mi-temps seront déterminants."
Comment vous sentez-vous physiquement ?
J’ai beaucoup travaillé pendant ma rééducation. Physiquement, je me sens bien. Mais j’ai besoin de bosser mon rugby, de retrouver les automatismes, mes repères en défense, en attaque. En fait, j’ai une grosse prise d’informations à emmagasiner. J’ai essayé de le faire pendant ma convalescence, mais rien ne remplace le terrain. Les vrais progrès seront à faire sur le terrain, à l’entraînement et en match.
Mentalement, comment vous sentez-vous ?
Je ne m’étais jamais blessé. Je n’étais donc pas resté aussi longtemps au repos. Cette période m’a fait énormément de bien. J’ai coupé avec le rugby, j’ai passé plus de temps en famille, avec mes enfants, ma femme. Cela m’a permis de bien recharger les batteries afin d’essayer de terminer du mieux que possible ma carrière. Parce qu’il ne faut pas se mentir, je suis plus proche de la fin que du début ! Mon objectif était de revenir sur les terrains et je ne l’ai pas fait trop vite, au risque de me blesser. J’ai fait les choses dans l’ordre et j’ai pris le temps de le faire.
Il vous reste encore une saison, après celle-ci, non ?
Oui, mais même s’il me reste un an et demi à jouer, cela passe super vite. Il faut voir aussi comment je reviens de ma blessure. Il y a un tas d’interrogations. Mais la motivation et l’envie de performer et de bien terminer avec mon club sont mon moteur. Ensuite, il faudra voir comment je réponds sur le terrain et c’est ça qui va me guider.
N’avez-vous pas trop de pression sur les épaules, dans la mesure où votre équipe souffre cette saison ?
Oui, clairement. Je suis quelqu’un de très humble et tout au long de ma convalescence, on m’a beaucoup questionné. Mes coéquipiers et amis m’ont demandé régulièrement quand je comptais reprendre. Je sais que je suis un peu attendu, mais je le prends plutôt cool. C’est peut-être dû aussi à l’expérience. Je vais me recentrer sur ce que je sais faire, ce que je peux apporter à l’équipe et essayer de l’aider du mieux possible. Même si je sais que la marche va être haute et que rien ne sera facile. En tout cas, je donnerai tout mon maximum.
Comment analysez-vous cette première partie de championnat ?
Ces derniers mois, je sens qu’il y a un changement d’état d’esprit. Les gars ne lâchent pas, ils se battent, ils défendent. Et on sait que la défense relève d’un état d’esprit. C’est vrai qu’en attaque, depuis le début de l’année, on était plutôt bien. Mais défensivement, on prenait beaucoup de points. Je trouve que le match à Oyonnax, fin novembre, a été un vrai révélateur. D’ailleurs, l’équipe méritait bien mieux sur ce match (défaite 35-24 de l’ASBH). La déconvenue contre Angoulême, à la maison (15-20), a fait mal. Mais je reste objectif et je me dis que si on avait eu plus de réussite aux points, ce match aurait pu être gagné facilement. Je trouve que nous sommes branchés sur le courant alternatif. Mais je vois du mieux, notamment dans l’état d’esprit et dans l’envie de se battre les uns pour les autres. C’est très encourageant. Beaucoup sont en fin de contrat. C’est certainement les derniers mois, les derniers matchs, que nous avons la chance de jouer et de vivre ensemble. Tout le monde a envie de se battre pour le copain d’à côté. C’est très important. Je pense qu’on en a pris conscience. La victoire contre Vannes a révélé un vrai état d’esprit. Les mecs se sont vraiment battus. En attaque, on a été très pragmatiques. Le symbole, c’est Yanis Boulassel qui avait été beaucoup critiqué avant ce match. Il a fait preuve d’un mental, d’une abnégation énormes. C’est à l’image du groupe où on voit que personne ne lâche. C’est encourageant pour cette deuxième partie de championnat.
Cette capacité à se battre pour le coéquipier, c’est ce qui a fait votre force la saison passée ?
Je pense que nous avons perdu un peu de ça sur le début de la saison. L’équipe avait tendance à lâcher, à abandonner. Ce n’était pas vraiment nous. Puis, un nouveau discours a été amené. Je trouve vraiment que ces derniers mois, ça a changé. Ce qui révèle le caractère d’une équipe, c’est la défense. Je pense que sur ça, en tout cas, les supporters arrivent à retrouver l’équipe qu’ils ont aimée lors des dernières saisons. C’est de bon augure pour la suite.
Sachant que la suite va être tendue…
Tous les matches seront des finales. On a des déplacements chez nos concurrents directs. Mais je pense que si nous sommes épargnés par les blessures et qu’on arrive à performer, à se retrouver, nous sommes capables de réussir notre mission qui est clairement le maintien. Tout le groupe a envie de se battre jusqu’à la fin de la saison. Je préférerais jouer le haut du tableau, mais se battre pour le maintien, c’est quand même excitant. C’est difficile mais ça révèle l’état d’esprit d’un groupe. Donc, on va se resserrer et tout faire pour sauver le club et le laisser à l’endroit où il mérite d’être.
Comment avez-vous vécu le fait de voir votre équipe souffrir sans rien pouvoir faire ?
Voir ses copains, ses coéquipiers, ses amis souffrir et être impuissants, franchement, c’est difficile… On va dire que tout ça appartient au passé. Il y a un futur à défendre, à aller chercher. Comme je l’ai dit, il peut y avoir une belle phase retour. Il faut faire revenir le monde au stade, que les gens poussent derrière nous. Parce que nous en avons besoin. Nous voulons les faire revenir en jouant, en nous battant sur le terrain. Je pense que notre jeu et notre grosse défense, c’est ce qui plaisait aux supporters, ces dernières saisons. Nous allons donc tout faire pour essayer de leur rendre au moins ça.
Le salut de l’équipe passera donc par le jeu ?
Je le pense. Souvent, quand on vise le maintien, on joue un rugby restreint et ce n’est pas la solution. Nous avons une belle équipe et nous sommes capables de livrer des gros matches. On l’a vu contre Vannes, où tout le monde nous voyait perdant et nous sommes arrivés à l’emporter face à ce qui se fait de mieux. Je pense honnêtement qu’on est capable de réaliser de belles choses sur cette phase de retour. On n’est qu’à la mi-saison. Il reste beaucoup de points et de matchs à jouer. Franchement, tout le monde est motivé et en fin de saison, on se dira au revoir en se regardant dans les yeux.
ASB : "PATRIMOINE IMMATÉRIEL DE BÉZIERS" !
CE qui ne tue pas rend plus fort".
"La plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque fois"!