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Vers une fusion MHR-ASBH, fantasme ou réalité ? Une opération complexe au regard de l’identité des deux clubs
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Le stade Raoul-Barrière, enceinte mythique de l’ASBH. Midi Libre - GIACOMO ITALIANO
Rugby XV, Montpellier HR, Top 14
Publié le 13/04/2026 à 18:01
Article rédigé par Paul Seidenbinder
Midi Libre
Depuis des mois, la rumeur d’une fusion entre l’AS Béziers Hérault et le Montpellier Hérault Rugby a fait son chemin dans les entrailles du Septeo Stadium et de Raoul-Barrière. Info ou intox ?
Rugby Club Hérault, Association sportive héraultaise, Club de l’Hérault, Union Béziers-Montpellier… Comment nommeriez-vous le "super-club" qui réunirait les deux villes majeures du département ? L’idée paraît farfelue, voire saugrenue. Pourtant, elle est venue s’immiscer dans les hautes instances de Montpellier et Béziers ces derniers mois. Sur le papier, un tel projet paraît impossible. Histoire, couleurs, ferveur… Tout oppose les deux clubs. Mais il n’en demeure pas moins plausible. D’ailleurs, courant mars, des membres des deux parties en auraient discuté, sans tourner le sujet au ridicule.
Allier la force de frappe d’un MHR à l’identité d’un club comme celui de l’ASBH, le tout avec un nouveau stade entouré de commerces qui serait situé à mi-chemin des deux villes séparées de 70 km, après tout, la discussion vaut le détour. La mauvaise passe traversée par les Biterrois en Pro D2, actuels avant-derniers, incite d’autant plus à trouver des solutions pour se redresser. Les dirigeants sud-africains, arrivés en novembre 2024 et dont les intentions au sein du club restent floues, n’y seraient pas totalement insensibles. Contacté, Saul Loggenberg, directeur général en tant que mandataire social et relais du président Robert Skinstad, a néanmoins confirmé que c’était du "n’importe quoi".
"À Béziers, c’est inenvisageable"
Ces derniers temps, les sponsors des deux clubs ont eu vent de cette idée. Et à vrai dire, comme attendu, elle ne fait pas l’unanimité. Les supporters ? Imaginer Béziers, onze titres de champion de France, s’associer avec Montpellier, club jeune de quarante ans, ce n’est même pas la peine d’y penser.
À micro ouvert, qu’en disent les responsables ? "On en a discuté à un moment donné, il y a deux ans, mais ce n’est jamais allé plus loin qu’une discussion de bistro. Il n’y a rien du tout, c’est un fantasme. À Béziers, c’est inenvisageable", assure le maire, Robert Ménard, à l’influence encore bien présente au sein du club malgré un poids relatif puisque la collectivité n’a que 2 % des parts de l’ASBH.
Et du côté de Montpellier ? "J’ai entendu ça, mais un club ne peut pas absorber un autre comme ça. Ça n’a jamais été une réflexion, ce sont des gens qui spéculent, qui extrapolent des paroles. Qu’il y ait une coopération, oui, mais il faut voir la faisabilité, les tenants et les aboutissants", confie Mohed Altrad, le président du MHR depuis 2011.
Bordeaux avait réussi, pas Paris
L’affaire s’annonce donc complexe. Et ce, même si des éléments peuvent la motiver, comme les tensions entre Montpellier et la Métropole, incarnées par le rachat refusé du stade, ou alors l’avenir incertain de Béziers sur le plan sportif.
Malgré tout, si un club biterro-montpelliérain sortait de terre, comment fonctionnerait-il ? Le modèle de l’Union Bordeaux-Bègles, club né de la fusion du Stade Bordelais et du Club athlétique béglais en 2006, peut être un exemple. L’UBB possède un centre de formation et une équipe première en commun, mais chaque club garde son école de rugby propre et ses équipes jeunes.
On est donc bien sur un fantasme. En tout cas, pour le moment. Et pour rappel, les derniers dirigeants qui avaient tenté une fusion dans le rugby français, annonçant avoir eu l’idée du siècle, se sont vautrés. C’était le Stade Français et le Racing 92, en 2017.
ASB : "PATRIMOINE IMMATÉRIEL DE BÉZIERS" !
CE qui ne tue pas rend plus fort".
"La plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque fois"!