de Bleu-Rouge » Ven 13 Mar 2026 16:07
"Quand j’entends dire que je quitte le navire, c’est faux, je me battrai jusqu’au bout pour sauver ce club", assure Samuel Marques, le demi de mêlée de Béziers
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Samuel Marques est particulièrement déçu de ne pas être conservé par ce club pour lequel il donne tout.
Midi Libre
Les dirigeants de l’ASBH ont fait savoir à l’agent de Samuel Marques qu’ils ne veulent pas le conserver à la fin de la saison. Ce qui blesse particulièrement le joueur qui annonce qu’il se battra malgré tout, contre vents et marées, pour sauver l’ASBH de la relégation.
Votre départ de Béziers a été annoncé. Qu’en est-il au juste ?
Pour être franc, mon souhait était de rester, de finir ma carrière à Béziers, dans ce club. J’ai lu sur des réseaux sociaux et entendu que c’est moi qui ai demandé à partir. Pas du tout. Ce sont le club et les dirigeants qui ne veulent pas reconduire mon contrat.
Comment l’avez-vous su ?
Les dirigeants ne m’ont rien dit. Ils l’ont fait savoir à mon agent. Ce qui me dérange, c’est que, début août, j’avais reçu par mail, une proposition de reconduction d’un an de mon contrat. Un peu plus tard, ils sont revenus sur leur proposition, disant qu’ils ne voulaient plus me garder. Quoi qu’il arrive, ma vie est, ici, désormais. Je suis d’ailleurs en train d’y faire construire une maison. Donc, oui, forcément je suis déçu de ne pas pouvoir prolonger et achever ma carrière à Béziers. D’autant que si j’ai 37 ans, j’ai les capacités physiques pour continuer. Si dès le départ, on m’avait dit que l’on ne souhaitait pas me garder, je l’aurais entendu. Mais là, ça me blesse. J’ai donné pour ce club et je pense encore avoir le niveau pour y rester.
Comment vivez-vous la situation ?
Ce qui me dérange le plus c’est la manière dont tout cela a été fait… Sachant qu’aujourd’hui, ce qu’il y a de plus important, c’est le club. Je pense qu’il n’y a rien de plus grand que l’institution ASBH. Alors, quand j’entends dire que je quitte le navire, c’est faux. Je me battrai jusqu’au bout pour sauver ce club dont je suis tombé amoureux. Il y a des gens qui nous poussent et sont là tous les week-ends. Nous nous devons de nous battre pour ces supporters. Et pour nous-mêmes aussi, pour laisser l’ASBH où elle doit être, afin de partir la tête haute.
Quels sentiments prédominent chez vous, du gâchis, de la tristesse ?
De la tristesse car je sais qu’il ne me reste que peu de matches à disputer avec Béziers, dont trois à domicile. Forcément, je suis déçu. Du gâchis, oui, car nous vivons une saison de galère. Comme je l’ai dit aux joueurs, l’aventure va s’achever pour beaucoup d’entre nous. C’est à nous d’écrire cette fin d’aventure. Beaucoup de choses se disent autour du club. Ça ne nous regarde pas. Nous devons juste sauver l’ASBH.
N’est-il pas difficile de rester motivé dans un tel contexte ?
Nous avons la chance de vivre de notre passion. La motivation, quand on est quelqu’un qui aime la compétition, on se doit de l’avoir. Peu importe qui est là ou pas pour nous soutenir, à nous de sauver ce club parce que c’est ça qui est le plus important.
Est-il possible de le sauver ?
C’est largement possible. Certes, nous flirtons avec la zone de relégation, mais on n’y est pas dedans. Des matches majeurs se profilent avec, surtout, des rencontres à domicile qui vont être ultra importantes. Nous sommes maîtres de notre destin. À nous d’aller le chercher. Le groupe est soudé. Nous l’avons montré lors de nos matches à la maison où nous avons répondu présent. Nous ne lâcherons rien jusqu’au bout. À nous, les leaders, aussi, de montrer l’exemple.
Quelle est l’ambiance générale dans le groupe ?
C’est un peu flou, mais c’est aussi le cas de tous les clubs, car nous sommes dans la période des reconductions de contrat, des joueurs ne sont pas conservés, il va y avoir beaucoup de roulements. Nous disposons d’un bon groupe. Nous sommes désormais au complet. Mais on sent quand même que le doute est installé dans la tête des mecs. Je crois qu’il n’y a rien de plus dur pour un joueur professionnel, peu importe le sport ou toute personne, de douter quand on arrive au travail, que l’on a peur de mal faire. C’est ce qui est compliqué.
N’est ce pas le soutien du public qui vous permet de tenir le coup ?
Quand je suis arrivé à Béziers, Charly (Malié) m’a dit, "tu verras, ici, c’est comme Marseille". C’est vrai, il y a une ferveur incroyable. Nous l’avons bien vu quand nous avons accroché la demi-finale. Je n’aime pas parler du passé, mais c’était incroyable. Aujourd’hui, nous avons encore plus besoin d’eux, parce que pour nous c’est très difficile mentalement et physiquement. Mentalement, c’est dur parce que nous avons sur les épaules le poids d’un club à sauver. C’est une grosse pression.
N’avez-vous pas, parfois, le sentiment d’être seul contre tous ?
Il faut essayer de faire abstraction de tout ce qu’il se passe autour de nous. C’est difficile, mais il faut essayer. Je ne peux pas prétendre qu’on y arrive en claquant des doigts. Mais il reste sept matches. À nous de passer outre tout ce qu’il se dit et d’avancer.
Vous battre dans de telles conditions, n’est ce pas plus difficile que d’être arrivé en demi-finale il y a deux saisons ?
C’est bien plus difficile de jouer actuellement que lorsque nous étions en demi-finale. Quand on est en haut du championnat, on peut tenter des choses. Quand on y arrive, c’est incroyable et si cela ne passe pas, cela reste dans la normale. Aujourd’hui, si tu tentes quelque chose et que cela rate, cela te retombe dessus.
Vous avez des contacts avec d’autres clubs afin de rebondir ?
J’ai des contacts et mon choix prendra en compte ma vie familiale. Je comptais finir ma carrière à Béziers. Ce ne sera donc pas le cas, mais mon existence est ici. J’y ai rencontré de belles personnes, mes enfants et ma compagne y sont bien.
Béziers est-il le club où vous avez vécu le plus de grands moments ?
J’ai joué dans de grands clubs, j’ai vécu des titres, de grands matches. Mais ici, il y a une ferveur incroyable qui m’a marqué à jamais. Je le répète, je suis tombé amoureux de ce club et finir comme ça, c’est une déception. Je veux maintenant profiter à fond de mes derniers moments ici. Je veux que tout le monde sache que je me battrai jusqu’au bout, que jamais je ne mentirai, jamais je ne lâcherai le club parce qu’il y a des choses que je ne peux pas accepter. Mes performances sont peut-être aléatoires, mais mon envie est toujours la même et je serai à 300 %.
ASB : "PATRIMOINE IMMATÉRIEL DE BÉZIERS" !
CE qui ne tue pas rend plus fort".
"La plus grande gloire n'est pas de ne jamais tomber, mais de se relever à chaque fois"!