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"On a décidé de ne pas le garder" : suspecté d’agression sexuelle, un joueur des Espoirs de l’ASBH écarté du club
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Le 10 février, les responsables de l’association ont reçu le joueur pour l’informer de son éviction. Midi Libre - B. R.
Faits divers, Hérault, Béziers, Rugby XV
Publié le 11/03/2026 à 13:03
Article rédigé par Benoit Rouyre
Benoit Rouyre
Midi Libre
INFO MIDI LIBRE. Poursuivi pour agression sexuelle concernant des faits survenus en février dernier en boîte de nuit à Béziers, un joueur des Espoirs de l’ASBH a été écarté par l’association qui gère cette équipe. Il sera jugé par le tribunal de Béziers début avril.
Il devra patienter encore plusieurs semaines pour connaître les conséquences de son acte. Ce lundi 9 mars, Dylan (1) s’est présenté à la barre du tribunal correctionnel de Béziers, dans le cadre d’une comparution à délai différé. Âgé de 20 ans, ce rugbyman des Espoirs de Béziers est poursuivi pour "agression sexuelle par une personne en état d’ivresse manifeste", dans la nuit du vendredi 6 au samedi 7 février. Selon le Code pénal, il encourt une peine de sept ans de prison et 100 000 € d’amende (2).
Mais pour connaître la décision de justice, il devra revenir en avril à la barre. Car le rapport d’expertise psychologique – un temps obligatoire pour toute agression sexuelle mais qui ne l’est plus – n’est pas arrivé à temps.
Au moment de plaider le maintien de son contrôle judiciaire en attendant l’audience, son avocate a expliqué qu’il n’avait plus de travail et qu’il cherchait un nouveau club après les évènements datant de la nuit du vendredi 6 au samedi 7 février. "C’est un peu tôt pour le virer quand même non ?", a lâché le président du tribunal.
"En sachant ce qu’il a fait, on a bien fait de l’exclure"
Pourtant, son désormais ancien club – géré par l’association et non la section professionnelle de l’ASBH – n’a pas hésité à l’écarter de l’équipe des Espoirs. Une sorte d’antichambre de l’équipe professionnelle de l’ASBH (à condition d’avoir un contrat Ligue). Ce qui n’était pas le cas de Dylan, en l’occurrence.
"On a eu une remontée d’informations comme quoi il s’était mal comporté en boîte de nuit, sans savoir de quoi il s’agissait, explique Eric Freitas, président de l’association ASBH. On a prévenu son agent, et on a reçu le joueur le 10 février pour lui signifier qu’on ne continuerait pas avec lui. Quand on porte notre maillot, on se doit d’être exemplaire sur le terrain et en dehors. On est là pour former des jeunes femmes et des jeunes hommes. A posteriori, en sachant ce qu’il a fait, on a bien fait de l’exclure, on veut une association saine et avec des valeurs."
Le père de la victime calmé par les videurs
Selon les informations recueillies par Midi Libre, les faits se sont déroulés à L’Usine à Gaz, boîte de nuit très prisée des jeunes Biterrois et Biterroises, près de l’Orb. Alors que la soirée battait son plein, Fanny (1) est venue se plaindre auprès des videurs du comportement d’un jeune homme.
Il aurait embrassé de force la jeune femme d’une vingtaine d’années avant de poser ses mains sur son corps, sans son consentement. Ce qui n’a pas pu être vérifié clairement malgré la présence de 18 caméras au sein de l’établissement, car tous les deux étaient dans un angle au moment des faits et la salle était comble.
Malheureusement habituée à traiter ce genre de problèmes (voir encadré), l’équipe de sécurité est ensuite allée à la rencontre du rugbyman alcoolisé pour le sortir de l’établissement. Avant de le remettre à des policiers municipaux de Béziers, qui étaient en patrouille sur le parking… Et de calmer le père de la jeune femme venu la récupérer, forcément hors de lui après les confessions de sa fille.
(1) Les prénoms ont été modifiés.
(2) Toute personne est présumée innocente tant que justice n’a pas été rendue définitivement.
À L’Usine à Gaz, tout un protocole en cas de problème
L’Usine à Gaz est un des établissements les plus connus du Biterrois quand il s’agit de faire la fête, tard dans la nuit. Malheureusement, le personnel doit régulièrement faire face aux comportements problématiques de personnes fortement alcoolisées.
"Au moindre problème, les filles peuvent venir voir quelqu’un de la sécurité"
"On a un tout un protocole, explique Benoît Bienvenu, gérant de l’établissement. Au moindre problème, les filles peuvent prévenir quelqu’un de la sécurité. On met immédiatement la personne dehors ou alors on appelle la police, si c’est plus grave. On travaille main dans la main avec eux, si jamais une réquisition pour nos images de vidéosurveillance est faite, on leur fait parvenir. On n’est pas des juges, on reste à notre place. Simplement, on met tout à disposition de la police."
Une pièce filmée est également prévue pour que la victime puisse être à l’écart si elle ne sent pas bien et un gardien de parking peut, quand il est disponible, raccompagner des personnes à leur véhicule.
ASB : "PATRIMOINE IMMATÉRIEL DE BÉZIERS" !
CE qui ne tue pas rend plus fort".
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