de steph34 » Dim 28 Déc 2025 22:00
Échecs répétés, effectif, moral des troupes, victoire contre Vannes… David Irazoqui, l’entraîneur de l’ASBH, fait le point à la trêve
midilibre.fr · Laurent François
En début de saison, quel objectif le staff avait-il fixé aux joueurs à la trêve des confiseurs ?
Il n’y en avait pas spécialement sur cette première partie de championnat. Le but, à terme, était d’atteindre la qualification. Mais il n’y avait pas d’objectif précis de nombre de points, de matches gagnés ou de place au classement. Il y avait, bien entendu, des objectifs sous-entendus, comme l’envie d’être invaincu à la maison qui existe de façon naturelle.
Quel sentiment vous laisse cette première partie de championnat ?
J’ai pris la tête de l’entraînement, fin octobre, pour la venue de Colomiers. Ce que j’ai du mal encore un peu à digérer, c’est notre prestation contre Angoulême, à la maison (15-20). Nous traînons ce résultat comme un boulet. Quand je vois les statistiques que nous avons eues dans cette partie, le nombre de nos franchissements, de défenseurs battus… Le fait de ne pas avoir gagné est quand même assez frustrant. Sur les autres matches, je suis plutôt satisfait de l’investissement qui a été mis dans nos contenus même si sur cette première partie de championnat, il y a quand même des parties à domicile où nous n’avons pas su mettre ce qu’il fallait au bon endroit. À l’extérieur, nous avons aussi été un peu transparents. Ces derniers temps, nous avons affiché un plus beau visage, mais nous n’avons toujours pas marqué de points. Maintenant, il faut commencer à se récompenser. Ce que j’avais d’ailleurs dit aux joueurs lors du dernier match à domicile face à Vannes !
Dans les mauvais moments, les défaites, les coups durs, vos joueurs ont toujours gardé le moral. N’est ce pas ce qui fait leur force ?
C’est un groupe de joueurs qui a vécu pas mal de choses ensemble. Il est soudé, lié. Ils savent qu’ils portent le maillot de Béziers. Et que ce maillot-là, au-delà du rugby, il demande de l’investissement. Par rapport à ça, ils répondent toujours présents. En tout cas, dans des moments où on pourrait croire qu’ils vont s’effondrer, ils ont la capacité de se rebeller. Tout ça reste fragile, bien évidemment. Mais il est rassurant de voir que les joueurs vivent bien ensemble, qu’ils s’apprécient, se respectent. Le fait de se respecter entre eux, justement, est important. Et ce même si tout le monde n’est pas en phase avec tout le monde, parce que bien sûr, il y a toujours des divergences.
La victoire face à Vannes, juste avant la trêve, a dû faire le plus grand bien, non ?
Oui, cela a fait énormément de bien, c’est certain, d’autant plus que Vannes était le leader. Cette victoire nous a rassurés dans des domaines qui ont posé un peu des interrogations en début de saison comme la conquête qui a été une grande satisfaction dans ce match. La défense progresse aussi. C’est essentiel pour avancer surtout dans la situation dans laquelle nous sommes. Mais il ne faut pas oublier ce que l’on vit et il faut continuer à travailler. Le jour où on va croire qu’on est arrivé, c’est le jour où on va tomber. Quoi qu’il en soit, cela fait du bien de couper dans cette atmosphère-là, après un gros match dans l’engagement, dans l’investissement. On voit qu’il y a du potentiel dans cette équipe, je pense que tout le monde dans le groupe en est conscient. Maintenant, il faut faire en sorte de le mettre en place tous les week-ends.
Sachant que votre équipe n’est quand même pas la même que celle de la saison écoulée. Il y a eu pas mal de départs à l’intersaison. Ne faut-il pas aussi le prendre en compte au niveau de vos résultats ?
Nous avons des joueurs qui ont des très bonnes qualités pour évoluer en Pro-2. Mais effectivement, l’effectif n’est plus le même, en particulier derrière. Nous avions, par exemple, l’année dernière, une étoile filante avec Gabin Lorre. Il était capable de décanter certaines situations à lui tout seul. Au niveau du milieu du terrain, nous avons été en difficulté en début de saison parce que l’effectif est plus réduit. Les gens qui faisaient un travail un peu dans l’ombre comme Taleta Tupuola, Watisoni Votu, qui rentraient dans la rotation, apportaient de l’impact physique, ne sont plus là. Mais nous avons gardé, et c’est ce qui fait la force de ce groupe, une ossature qui se connaît. Ce n’est pas un problème de qualité mais de quantité qui a fait qu’à un moment donné, nous avons été en difficulté en début de saison.
Du coup, lorsqu’il y a des blessés, cela pèse aussi…
Il y en a eu effectivement pas mal. À l’arrière, des joueurs comme Baltazar Amaya nous manquent. À la charnière, on est quand même en difficulté. Nos maîtres du jeu ne sont pas là. Je pense à Charly Malié, bien évidemment, à Romain Uruty, qui sont de vrais dix. Ils nous ont manqué. Mais cela permet à des jeunes comme Hugo de gagner en expérience et de progresser.
Lors des derniers matches, les joueurs qui sont entrés n’ont pas fait baisser le niveau de jeu. C’est un plus, non ?
Nous avons plusieurs joueurs qui ont encore besoin de s’aguerrir à ce niveau. Aujourd’hui, le rôle des remplaçants est primordial parce que souvent, quand on rentre dans des matches serrés, il faut être capable d’amener énormément d’énergie.
« On ne peut réduire les autres à l'ordinaire que si, fort de sa propre médiocrité, on se juge supérieur. »
de Gilles Archambault [+]